Les maladies auto-immunes

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Immunit (im - munus)
im : particule dorigine latine marquant la ngation
munus : charge, impt

L'immunit est un privilge attribu certaines personnes : l'immunit diplomatique...

Points cls retenir

  • La survenue dune maladie auto-immune traduit la dfaillance de rgulation du systme immunitaire: ce systme, charg normalement de la dfense de lorganisme contre les agents trangers, se retourne contre lui.

  • Les maladies auto-immunes concernent trs majoritairement les femmes et rsultent de facteurs immunologiques, gntiques (hrdit) et de facteurs environnementaux (agents toxiques, infectieux..).

  • Devant des signes faisant penser une maladie auto-immune, la recherche dauto-anticorps spcifiques ou vocateurs de cette affection (c'est--dire de molcules fabriques par le systme immunitaire et attaquant lorganisme) est souvent utile au diagnostic

  • Au cours dune maladie auto-immune, lexistence de lsions des organes nobles (rein, systme nerveux, cur, appareil digestif) doit systmatiquement tre recherche: les dgts irrversibles potentiels, qui peuvent alors engager le pronostic vital court ou long terme, ncessitent un traitement rapide et agressif.




A quoi sert le systme immunitaire?

La fonction immunitaire est l'ensemble des mcanismes biologiques permettant un organisme de reconnatre et de rejeter les agressions extrieures des agents infectieux, de substances trangres, et aussi de ses propres constituants altrs (comme des cellules tumorales); et de reconnatre et de tolrer aussi ce qui lui appartient c'est--dire ses propres cellules (lesoi).

Lorganisation schmatique du systme immunitaire

Le systme immunitaire est un rseau fait dorganes, de cellules et de molcules dont le rle est de protger lorganisme contre les attaques de toute sorte en dtruisant les agresseurs.

Il comprend deux organes lymphodes centraux de production et de maturation de globules blancs et, en particulier, des lymphocytes, qui jouent un rle central dansla dfense immunitaire :

- le premier, la moelle osseuse produit les lymphocytes B;

- le second, le thymus situ derrire le sternum, au-dessus du cur, produit les lymphocytes T (ns dans la moelle osseuse).

A l'issue de leur maturation, les lymphocytes slectionns sont librs dans la circulation sanguine et vont coloniser les organes et tissus lymphodes priphriques que sontnotamment :

- les ganglions lymphatiques (ce sont de petits organes de 1 15 mm de diamtre entours d'une capsule au nombre denviron 1000 et rpartis dans tous les points du corps) ;

- la rate ;

- et des accumulations de tissu lymphode distribu principalement au niveau des muqueuses (bouche, amygdales, estomac, vessie), appel systme immunitaire commun aux muqueuses ou MALT (pour Mucosa-associated lymphod tissue).

Pour la dfense de lorganisme, deux stratgies principales vont tre utilises:

- la production par les lymphocytes B dune substance, les anticorps qui se fixent spcifiquement sur les agents trangers (appels antignes) facilitant ainsi leur limination ou bloquant leur action nfaste;

- la destruction par des lymphocytes T des agents trangers par simple contact et libration de substances toxiques.

Le systme immunitaire garde ensuite en mmoire le souvenir de lintrusion dun agent tranger et pourra rpondre beaucoup plus vite et plus efficacement en cas de nouveau contact avec ce mme agent.

De nombreuses autres cellules (globules blancs, macrophages) et molcules ainsi que dautres mcanismes complexes interviennent galement en aide et/ou en complment des lymphocytes dans ce combat perptuel pour la dfense de notre corps.

Quelles sont les maladies du systme immunitaire ?

Les maladies du systme immunitaire humain sont classes en deux catgories : celles caractrises par un affaiblissement de la rponse immunitaire (les dficits immunitaires) et celles caractrises par une rponse immunitaire exacerbe (allergies et maladies auto-immunes).

  • Les dficits immunitaires se traduisent par des infections rcidivantes, souvent svres et pour certains dentre eux, par une augmentation de la frquence de cancers. Une anomalie gntique peut en tre la cause. Ils peuvent galement provenir dune destruction du systme immunitaire par un agent infectieux. Lexemple le plus connu est celui du SIDA secondaire la destruction des principaux lymphocytes T (CD4) par le virus VIH. Un syndrome immunodficitaire peut galement tre volontairement provoqu par des mdicaments pour empcher le rejet dorganes transplants.

  • Dans les allergies, la rponse immunitaire est dirige "normalement" contre un agent tranger mais lintensit de cette rponse est exagre, occasionnant des dommages collatraux.

  • Au cours des maladies auto-immunes (MAI), lorganisme devient la cible du systme immunitaire qui a la charge de le dfendre.

Quest ce quune maladie auto-immune ?

Lors dune maladie auto-immune (MAI), le systme immunitaire commet des erreurs et dtruit certains des tissus de son organisme, les considrant comme trangers. La tolrance au soi est rompue et celui-ci devient une cible du systme immunitaire. Les lymphocytes T deviennent auto-ractifs et les lymphocytes B produisent des auto-anticorps sattaquant des lments du corps.

Lauto-immunit peut, cependant tre physiologique. Il existe ltat normal des lymphocytes B et T auto-ractifs de faible activit et des auto-anticorps naturels. Cette auto-immunit physiologique est bnfique car elle est utile pour btir la capacit du systme immunitaire reconnatre ses cibles antigniques (son rpertoire) et participe la rgulation du systme immunitaire. Elle a en plus un effet cytotrophique (de rajeunissement tissulaire par limination des cellules lses ou vieillissantes) donc un effet protecteur.


La dcouverte de ce type de dysfonctionnement est relativement rcente: seulement en dbut du XX sicle, le concept de lauto-immunit tait compltement ni et le dogme de limpossibilit de lauto-ractivit rgnait. Paul Ehrlich, un des minents immunologistes du dbut du sicle dernier, qualifia ce fait dhorror autotoxicus. Selon lui, Il tait inconcevable quun organisme puisse sattaquer lui-mme au point de se dtruire; lorganisme a une identit et ses constituants immunitaires ne sauraient menacer celle-ci. Lide quun organisme qui ne serait pas capable dauto-identification au sens o il produirait des auto-poisons semblait Ehrlich compltement anti-tlologique. Depuis cette doctrine a t dpasse et on a ensuite compris que le systme immunitaire pouvait recevoir des directives errones l'amenant considrer son soi comme tant un non-soi et entrainer un dommage ou une maladie.

Il existe deux catgories de maladies auto-immunes:

celles qui sont limites un seul organe et appeles maladies auto-immunes spcifiques dorgane (comme la maladie de basedow qui touche la thyrode ou le diabte de type I qui touche le pancras); celles au cours desquelles plusieurs organes sont touchs successivement ou simultanment, dites alors maladies auto-immunes systmiques .

Quels lments du corps sont atteints ?

La nature des attaques auto-immunes varie normment selon la maladie. Le systme immunitaire peut attaquerpar exemple :

  • une substance spcifique, la couche protectrice (myline) des cellules nerveuses dans le cerveau, la moelle pinire et le nerf optique dans la sclrose en plaques;

  • des cellules et des tissus de la peau, des articulations, du cur et des reins dans le lupus rythmateux dissmin

Pratiquement tous les lments du corps sont susceptibles dtre atteints.

Quelles sont les principales maladies auto-immunes ?

Lauto-immunit est la cause de plus de 100 pathologies graves et chroniques.

De nombreuses personnes connaissent dailleurs souvent le nom de plusieurs de ces maladies mais ignorent bien souvent quelles ont un fondement commun, lauto-immunit, et des stratgies communes ou voisines pour les soigner.

On souponne galement que bien dautres affections ont une composante auto-immunitaire.

Parmi les maladies auto-immunes dorgane, on peut citer :

  • le diabte de type I (destruction des cellules pancratiques productrices dinsuline);

  • la thyrodite dHashimoto (hypothyrodie par destruction du tissu thyrodien);

  • la maladie de Basedow (hyperthyrodie par stimulation excessive des rcepteurs la TSH, une hormone stimulant la scrtion des hormones thyrodiennes);

  • la sclrose en plaques (attaque de la gaine de myline qui couvre les nerfs);

  • le syndrome de Guillain Barr (atteinte des nerfs priphriques et de leurs racines pouvant occasionner une paralysie des membres et une insuffisance respiratoire);

  • la maladie cliaque: (attaque des villosits recouvrant lintestin grle);

  • le vitiligo(destruction des mlanocytes qui sont les cellules donnant leur couleur - leur pigmentation - la peau);

  • cytopnies auto-immunes (destruction des cellules sanguines).

Les pathologies auto-immunes systmiques les plus communes sont:

  • le lupus rythmateux dissmin (atteinte prfrentielle des articulations, de la peau, des reins, du systme cardiovasculaire, des globules rouges mais pratiquement nimporte quel organe peut tre touch) ;

  • la polyarthrite rhumatode (atteinte principalement articulaire, plus rarement pulmonaire et cutane);

  • le syndrome de Gougerot-Sjgren (atteintes des glandes salivaires et lacrymales occasionnant un syndrome sec et plus rarement des articulations, de la peau et des poumons);

  • la spondylarthrite ankylosante(atteinte des articulations surtout de la colonne vertbrale, atteintes pulmonaire et neurologique possibles);

  • le syndrome des anticorps anti phospholipides (qui se manifeste par des avortements rptition et des thromboses veineuses ou artrielles).

Cette classification est sduisante mais un chevauchement de ces affections est possible, produisant un mlange complexe, une mme personne peut avoir plusieurs maladies auto-immunes successives ou concomitantes. Et pour la mme maladie auto-immune, le type dorgane atteint peut tre diffrent dun malade lautre. Dans dautres cas, une maladie spcifique dorgane et une maladie systmique coexistent chez la mme personne sans que lune soit la consquence de lautre.

Exemples :

  • Une femme traite pour une hypothyrodie auto-immune peut tre affecte sur le plan articulaire en raison d'une polyarthrite rhumatode ou perdre du poids par suite du dveloppement d'un diabte de type 1

  • Un diabtique peut ainsi prsenter aussi une maladie cliaque (concernant le systme digestif) ou une thyrodite,

Chez un patient atteint dune maladie auto-immune, il faut toujours tre aux aguets pour dtecter la survenue de latteinte dun nouveau organe ou de linstallation dune nouvelle maladie auto-immune.

Quelle est la frquence des maladies auto-immunes?

Lauto-immunit est le troisime grand dysfonctionnement du systme immunitaire aprs les dficits immunitaires caractriss par un affaiblissement de la rponse immunitaire (comme le SIDA) et les allergies qui apportent une rponse immunitaire exacerbe contre une cible le plus souvent anodine.

Les maladies auto-immunes constituent aujourdhui la 3me cause de morbidit dans le monde aprs les maladies cardiovasculaires et les cancers.

Elles touchent entre 6 % 10 % de la population mondiale et concernent les femmes dans presque 80 pour cent des cas: au total prs dune femme sur dix en est ou en sera atteinte.

La frquence de chacune delles est trs variable, sans quon ait forcement toujours des chiffres fiables. Certaines sont t rares ne touchant que quelques centaines ou milliers de personnes au Maroc comme:

  • la polychondrite atrophiante (inflammation du cartilage du nez, des oreilles, des bronches),

  • la sclrodermie systmique caractrise par un durcissement de la peau et dont la prvalence est de 7 500 cas par million dhabitants.

Dautres sont plus frquentes comme:

  • le lupus dont la prvalence est estime 0,07 %: 20 000 personnes au moins touches au Maroc;

  • le syndrome de Gougerot Sjgren dont la prvalence est estime 0,1 % 0,2 % de la population;

  • la polyarthrite rhumatode: prs de 1 % de la population;

  • ou encore lensemble des atteintes auto-immunes de la thyrode qui touchent plus de 2 % de la population, soit plus de 600000 personnes au Maroc.

La connaissance pidmiologique de toutes ces maladies, c'est--dire connatre le nombre de personnes atteintes dans une population, reste dailleurs au Maroc un lment important approfondir.

Les maladies auto-immunessont- elles hrditaires ?

Lorigine exacte des maladies auto-immunes nest pas encore compltement lucide mais Il existe de faon certaine une interaction entre des facteurs hrditaires et des facteurs environnementaux. Le dveloppement des maladies auto-immunes ncessite la conjonction de ces deux facteurs, leur origine est donc polyfactorielle.

Le facteur hrditaire responsable de la transmission des maladies auto-immunes ne rpond pas la loi de Mendel mais est li au systme HLA (voir encadr). En effet, dans leur grande majorit, les maladies auto-immunes prsentent des associations avec le systme HLA : un ou plusieurs gnes HLA sont nettement plus frquents chez les sujets atteints de la maladie que chez les sujets indemnes. Mais de telles associations ne peuvent tre considres comme des critres diagnostiques absolus mais peuvent y tre intgres (comme certains gnes sont des facteurs de prdiction de la polyarthrite rhumatode).

Cette composante hrditaire explique le fait dobserver frquemment, autour dun sujet atteint dune maladie auto-immune, des parents proches ou loigns qui prsentent la mme pathologie auto-immune ou une autre: une mre peut avoir le lupus, son fils, le diabte juvnile, sa sur, le syndrome des antiphospholipides, et sa grand-mre, la polyarthrite rhumatode.

Pour certaines maladies comme la sclrodermie, le risque familial est par contre trs faible.

Systme HLA (Human leukocyte Antigen) ou la carte didentit biologique

Le systme HLA (Human leukocyte Antigen) appel galement CMH (complexe majeur dhistocompatibilit), est le principal marqueur du soi. Cest un groupe de molcules constituant lidentit biologique dun individu, une sorte de code-barres situ la surface des cellules de notre corps pour quelles soient reconnues par les cellules immunitaires comme appartenant au soi.

Chaque individu a un type dHLA diffrent dune autre personne comme les empreintes digitales, sauf pour les vrais jumeaux. Toutes les cellules de lorganisme (sauf les cellules sans noyau comme les globules rouges) prsentent dans leur membrane, des molcules de ce complexe. Chaque cellule renferme entre cinq cent mille et un million de ces molcules HLA! Le terme dHLA provient du fait que ces molcules ont dabord t dcouvertes la surface des leucocytes.

Le systme HLA dtermine le groupe tissulaire et joue un rle essentiel dans la reconnaissance par le systme immunitaire des molcules trangres lorganisme. Pour ce faire, les cellules de lorganisme exposent en permanence, lextrieur de leur membrane leur contenu peptidique (les peptides sont des sous-parties des protines) grce aux molcules HLA qui jouent le rle de prsentoir.

Certains gnes sont principalement responsables de laugmentation du risque de pathologie auto-immune en gnral, tandis que dautres sont impliqus dans le dveloppement de maladies auto-immunes spcifiques.

Toutefois, ce caractre gntique ne rpond pas une transmission classique et sa transmission ne suffit pas toujours entraner la maladie. Il existe en fait, une concordance de 20 50 % pour les principales pathologies auto-immunes chez les jumeaux monozygotes (vrais jumeaux drivant dune seule cellule-uf et partageant donc exactement le mme patrimoine gntique) : ainsi, lorsquun jumeau prsente un lupus, le deuxime jumeau ne dveloppe la maladie que dans la moiti des cas. Par contre, pour les jumeaux dizygotes (faux jumeaux), issus eux de deux cellules diffrentes, ce taux de prdisposition au lupus tombe autour de 2 %.

Cela illustre bien que si le patrimoine gntique est important, lhrdit est loin dtre suffisante dans la gense des maladies auto-immunes. Le risque de passage des parents aux enfants existe toujours mais est loin dtre automatique.

Pourquoi les maladies auto-immunes sont- elles un mal fminin?

Le sexe du patient est un facteur fondamental dans la sensibilit lauto-immunit. La plupart de ces pathologies touchent trs majoritairement les femmes: au moins une femme sur 10 en est ou en sera atteinte au cours de sa vie.

Les hormones, principalement fminines, jouent un rle dans le dclenchement des maladies auto-immunes: le taux lev des hormones fminines les strognes -active les lymphocytes B et leur baisse active les lymphocytes T auto-ractifs (cest dire ceux susceptibles de se retourner contre lorganisme). Limportance du statut hormonal - prise doestroprogestatifs, grossesse, ou au contraire mnopause - dans le dveloppement de certaines pathologies est suggre par certaines tudes statistiques.

Aussi, au cours de la grossesse, il y a passage des cellules ftales de lenfant la mre(microchimrisme ftal). Ces cellules pourraient jouer un rle dans le dclenchement de maladies auto-immunes. On notera dailleurs une persistance des cellules ftales dans le sang circulant de la mre jusqu 27 ans aprs laccouchement ainsi quune persistance de cellules msenchymateuses ftales dans la moelle osseuse jusqu 50 ans aprs la gestation!

Lhypothse est donc que ces cellules souches du ftus transfres la mre pendant la grossesse, donnent naissance des cellules immunitaires qui considrent alors la mre comme un corps tranger !

Le microchimrisme ftal est particulirement incrimin dans la sclrodermie systmique.

Quelles sont les autres causes possibles des maladies auto-immunes?

Le rle des infections est suspect depuis longtemps. Thoriquement, des agents infectieux pourraient dclencher lapparition de manifestations auto-immunes quand il existe une similitude de structure entre lagent infectieux et certains composants de notre propre organisme, cest ce quon appelle un mimtisme molculaire. Le systme immunitaire se trompe de cible du fait de leur ressemblance, il sattaque aux constituants de lorganisme en voulant combattre lagent infectieux.

A lheure actuelle, lintervention de ces facteurs infectieux nest encore prouve de faon formelle que pour le dveloppement dune atteinte cardiaque aprs une infection streptococcique par ressemblance molculaire entre des constituants bactriens (du streptocoque) et des composants du myocarde;

Cependant, le mimtisme molculaire pourrait intervenir aussi dans:

  • laugmentation de frquence du diabte de type 1 pour des patients atteints de rubole congnitale;
  • lexistence de kratites auto-immunes (inflammation de la corne) au dcours dinfections herptiques (un virus) de lil.

Le Rayonnement ultraviolet (UV) est galement un lment causal important considrer. La photosensibilit cutane fait partie des critres diagnostiques du lupus: les radiations UV sont susceptibles de dclencher des pousses de la maladie, en particulier au niveau de la peau. Le mcanisme daction reste inconnu.

Des mdicaments peuvent induire chez certains sujets des maladies auto-immunes, du fait dune ractivit croise avec les constituants de lorganisme ou leur modification (le soi modifi par le mdicament est alors reconnu comme non-soi). Seule une faible proportion des sujets exposs sont atteints avec peut- tre une prdisposition gntique.

Les agents chimiques de notre environnement jouent aussi un rle causal. Ainsi, on a pu prouver que la silice et certains solvants sont des facteurs de survenue de la sclrodermie systmique.

La consommation de tabac pourrait jouer galement un rle dans le dclenchement de ractions aberrantes du systme immunitaire, entranant potentiellement lapparition de maladies auto-immunes.

La cigarette est ainsi un facteur de risque pour la survenue de la sclrose en plaques et acclre galement sa progression. Aussi, lactivit du lupus est plus importante chez les fumeurs, le tabac augmente le risque cardio-vasculaire des jeunes femmes lupiques qui est dj de 50 fois plus lev que la population gnrale. Enfin, Les fumeurs atteints de polyarthrite rhumatode ont une maladie plus svre et plus difficile contrler: le tabac peut tre un facteur de rsistance aux traitements. Ne pas fumer et ne pas sexposer la fume constitue pour le moment la meilleure prvention dmontre ce type de maladies.

Certains apports alimentaires jouent aussi un rle: la prvalence des maladies thyrodiennes auto-immunes est ainsi faible dans les zones gographiques de carence en iode. Elle augmente aprs supplmentation iode.

Les vaccins ont t rgulirement suspects ces dernires annes pourtant limplication de vaccins dans le dclenchement de maladies auto-immunes na t quexceptionnellement dmontre et dans de trs faibles proportions.

Enfin, le rle du stress ou dun contexte psychologique na jamais t clairement prouv dans le dveloppement des MAI. . On retrouve trs souvent un stress dorigine physique ou psychique avant l'pisode initial ou les pousses ultrieures de la polyarthrite rhumatode (80 fois sur 100) et de la maladie de Basedow (90 fois sur 100). L'effet immunitaire des stress s'explique par les communications multiples qui relient le systme nerveux central et la rponse immunitaire, lorsqu'ils subissent une agression, les neurones librent des neuropeptides dont beaucoup peuvent se fixer sur des rcepteurs ports par les lymphocytes et les macrophages. Ce processus provoque la scrtion de diverses cytokines, en particulier l'interfron qui favorise le dveloppement de la raction auto-immune.

Quels sont les symptmes des maladies auto-immunes et comment fait-on le diagnostic dune maladie auto-immune?

Un trs large ventail de symptmes sont associs ces maladies: ils varient selon la maladie, au sein de la mme maladie, et mme, pour la mme personne avec lvolution de la maladie au fil du temps. Certains sont mineurs (amaigrissement, ruption cutane, trouble du cycle menstruel) tandis que dautres sont plus graves et invalidants (douleurs, gonflement des articulations, paralysie dun membre) et que mme certains mettent en jeu le pronostic vital (insuffisance rnale, maladies cardiaques).

Souvent au dbut de linstallation de la maladie, les symptmes sont souvent peu perceptibles, ils peuvent apparaitre et disparatre (volution par pousses et rmissions) mettant en doute lauthenticit de la maladie. De plus, le tableau clinique peut faire voquer plusieurs maladies la fois. Le diagnostic exact nest possible dans certains cas quaprs plusieurs mois ou plusieurs annes dvolution. Le diagnostic des pathologies auto-immunes est donc complexe et fait souvent appel des critres diagnostiques qui regroupent des signes cliniques et des lments biologiques ou radiologiques.

Les maladies auto-immunes systmiques partagent les mmes types datteintes, mais ont chacune un lment distinctif qui permet de les voquer:

  • une photosensibilit (raction forte la lumire du soleil) est en faveur en premier lieu dun lupus systmique;
  • une inflammation des petites articulations des mains voque en premier lieu une polyarthrite rhumatode ;
  • une diminution des scrtions lacrymales et salivaires doit faire chercher une maladie de Gougerot Sjgren.

Un patient peut aussi prsenter plusieurs maladies auto-immunes la fois. Le syndrome de Gougerot Sjgren est souvent associ aux autres maladies auto-immunes et on peut avoir des tableaux de chevauchement entre un lupus et une polyarthrite rhumatode.

Est-ce quil est important de consulter rapidement?

Les maladies auto-immunes, en particulier les formes systmiques, se caractrisent par la svrit potentielle des atteintes organiques rendant ncessaire un diagnostic prcoce et un traitement adapt. Elles voluent souvent par pousses entrecoupes de phases de rmission. Rmission est le terme mdical utilis pour disparition de la maladie pour un certain temps. Il est gnralement impossible daffirmer quun patient est compltement guri. Les pousses peuvent tre rcurrentes et laisser des squelles fonctionnelles en particulier rnales, cardiaques, pulmonaires ou neurologiques. Elles peuvent tre prvenues par un suivi rgulier spcialis et une information dtaille des patients en particulier sur les facteurs daggravation ainsi que sur les effets secondaires des traitements.

Quels sont les risques de la grossesse en cas de maladie auto-immune?

Les maladies auto-immunes concernent surtout les femmes en ge de procrer, la fertilit des femmes atteintes de maladies auto-immunes est en gnral quivalente celle des femmes qui nen souffrent pas. Mais, la grossesse peut aggraver une maladie auto-immune et cette dernire peut faire chouer un projet de grossesse.

Aussi, lorsquune grossesse nest pas dsire ou doit tre diffre, le moyen contraceptif doit sadapter aux spcificits de la pathologie en question. Face un lupus systmique, une contraception base de progestatifs sans strognes doit tre privilgie.

Dans le cas o la patiente envisage une grossesse, un bilan prconceptionnel et un suivi spcialis simpose pour son bon droulement. Un lupus actif, une hypertension artrielle et des antcdents datteinte rnale sont prdictifs de complications obsttricales. Par contre, la grossesse est de bon pronostic au cours de la polyarthrite rhumatode, une rmission de cette dernire est mme possible mais la rechute est classique en post-partum (aprs laccouchement). Certains traitements peuvent tre poursuivis pendant la grossesse comme les corticodes et les antipaludens de synthse (mdicaments utilises contre le paludisme et dans certaines MAI), par contre les anti-inflammatoires non strodiens (AINS) sont contre-indiqus au cours du 3me trimestre de la grossesse.

La consultation spcialise prconceptionnelle est donc obligatoire et a pour objectifs:

  • Evaluer ltat de la personne et du traitement en cours lgard du projet de grossesse. Certaines situations contre-indiquent momentanment une grossesse, certains traitements ont des effets malformatifs ou prsentent une toxicit ftale quil convient de prendre en compte. Si un changement de traitement simpose, il faut autant que possible procder ce changement dans une priode o la stabilit de la maladie nest pas menace par les alas dune grossesse.

  • Informer la patiente des risques ventuels et du protocole de suivi ncessaire au bon droulement de la grossesse, notamment en ce qui concerne la transmission ventuelle de la maladie au bb.

  • Ainsi, la grossesse peut se drouler normalement, si elle est bien surveille et si des mesures adquates sont prises au moment venu.

Est-ce que les maladies auto-immunes augmentent le risque dhypertension artrielle et le risque cardiovasculaire ?

Lhypertension artrielle est frquente dans le lupus systmique, elle peut concerner jusqu 70% des patients, du fait de latteinte rnale due au lupus.

Dans la sclrodermie systmique, une hypertension artrielle maligne peut survenir dans le cadre dune crise rnale sclrodermique associant destruction des globules rouges et dfaillance rnale. Le pronostic de cette redoutable complication a t transform radicalement par les inhibiteurs de lenzyme de conversion (une famille dantihypertenseurs).

Le risque cardiovasculaire (CV) est important dans le lupus rythmateux systmique et la polyarthrite rhumatode. Linflammation chronique observe au cours de ces maladies joue un rle aggravateur de lathrosclrose.

Bien que certains mdicaments utiliss dans les MAI puissent galement augmenter ce risque, un bon contrle de la maladie sous-jacente parat tre en mesure de le diminuer.

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